Le Trou du diable

Ce que vous auriez peut-être pu exprimer, si vous aviez été des nôtres mardi le 7 novembre...

Matérialiste ou humaniste ?

Est-ce qu’un pauvre est un citoyen au même titre qu’un riche ?

Qu’on soit riche ou pauvre, nous sommes tous des citoyens à part entière, parce qu’un citoyen c’est quelqu’un qui peut participer au débat politique. Nous obtenons le droit de vote à 18 ans. Alors légalement, nous sommes citoyens à 18 ans. Pourquoi 18 ans, parce que par convention sociale, nous jugeons qu’à 18 ans un humain est assez mature pour se responsabiliser envers les enjeux des débats politiques. Cependant, en général, à 18 ans, sommes-nous réellement capables de comprendre les enjeux d’un vote ?

D’ailleurs, le potentiel d’intelligence de certains handicapés mentaux les empêche d’atteindre l’âge mental d’un adulte âgé de 18 ans et plus. Si être citoyen se réduit strictement à notre capacité de participer aux débats politiques, est-ce à dire que les handicapés mentaux ne seraient pas des citoyens puisqu’ incapables d’en comprendre les enjeux ? Si notre citoyenneté canadienne dépend d’enjeux politiques, est-ce que l’action citoyenne se réduit au vote politique ?

Agir de manière citoyenne c’est aussi respecter des droits naturels inviolables, et ce, qu’on soit citoyen canadien, américain, allemand, etc. Être citoyen c’est respecter le droit à la vie, à la liberté d’expression, etc. Ainsi, une heure de bénévolat peut être plus noble pour un citoyen que prendre 10 minutes de son temps pour aller voter pour un parti politique. Le pauvre est un citoyen au même titre qu’un riche, mais le pauvre a beaucoup moins de pouvoirs pour se réaliser pour s’accomplir en tant que citoyen. Sommes-nous des citoyens si nous n’avons pas le droit de vote ? Sans le droit de vote, nous sommes des citoyens parce que nous participons à l’organisation de la vie collective, comme au travers la création d’une entreprise comme Jean Coutu ou au travers des actions communautaires comme les soirées bières philosophales, ou au travers des emplois de toutes sortes comme plongeur, caissière, cuisinière, serveuse, etc.

Il faut distinguer LE politique de LA politique. Le politique c’est participer à la vie collective au sein d’un travail, d’une action communautaire, du journalisme, etc. La politique c’est participer au débat politique en votant pour les idées d’un parti politique comme le parti conservateur, le parti libéral, etc.

Citoyen, intérêt commun des humains ou bien de la partisannerie politique !? Est-ce qu’il faut voter pour le parti politique qui respecte le plus l’intérêt commun ? Dans les faits, est-ce que les citoyens votent pour le parti politique qui respecte le plus l’intérêt commun, ou pour celui qui respecte plus des intérêts particuliers liés par exemple à une entreprise familiale, à un emploi comme fonctionnaire. Peut-être est-il impossible de voter pour un parti politique respectant l’intérêt commun, parce que chacun des partis voit l’intérêt commun différemment. Pour les uns ce qui importe, c’est l’indépendance du Québec, pour d’autres c’est les enjeux environnementaux liés à l’industrialisation et à notre société de consommation, pour d’autres encore l’intérêt commun résidera dans le développement des entreprises lucratives afin d’améliorer l’économie, d’autres verrons l’éducation ou la santé comme prioritaires à l’intérêt commun.

La partisannerie politique semble nous empêcher de définir l’intérêt commun ?

Mais quelle est la différence entre nos devoirs de citoyen et nos devoirs en tant qu’être humain ? Est-ce que l’humain peut exister sans la société et est-ce que la société peut exister sans les citoyens ? Est-ce que nos sociétés nous exigent de devenir des citoyens avant de devenir des humains ?

Nous ne sommes peut-être que des citoyens locataires, locataires des propriétaires canadiens, des propriétaires québécois, des propriétaires mauriciens, des propriétaires shawiniganais, des propriétaires d’appartements ou encore des propriétaires d’hypothèques pour une maison ou de prêts pour une automobile ou pire et le comble propriétaires pour des études. La majorité d’entre nous semble prisonniers d’une cage aux barreaux dorées où nous sommes plus souvent qu’autrement l’esclave locataire de propriétaires parvenues. Le modèle type d’un citoyen parfait est peut-être la fourmi ? Elle vit pour les autres. L’humain semble ne pas vivre pour les autres, l’humain civilisé semble être très égocentrique et ainsi, il semble souvent profiter ou exploiter les autres comme dans les rapports Propriétaire-Locataire. Pourtant notre vie est facile grâce à la coopération sociale : nous partageons des biens culturels de toutes sortes : les pains du boulanger, les ordinateurs des ingénieurs informatiques, les automobiles des ingénieures automobiles et des ouvriers d’industries comme Ford et Honda, des aliments de cultivateurs que l’on retrouve au marché grâce aux épiciers, etc.

Valeurs citoyennes, argents et biens matériels ?!

Nous ne croyons plus à des idéaux ! Pourquoi donner tant d’importance à l’argent, pourquoi les mots ne sont-ils pas aussi puissants que l’argent ? Les pauvres ont-ils moins de pouvoir dans la société ? Avec les prêts et bourses et puisque notre gouvernement oblige nos parents à nous envoyer à l’école primaire et secondaire, nous avons tous accès à l’éducation, donc nous pouvons tous développer notre intelligence et aussi développer une compétence sociale comme celle de l’électricien, du plombier, du professeur, de l’infirmière, du médecin, etc. Alors les pauvres sont en parties responsables de leur misère, la société n’est pas la seule responsable des sans abri et des démunies. Des enfants de familles riches sont d’un côté désavantagés parce qu’ils se disent souvent que s’ils échouent leur famille sera tout de même derrière eux. Ça prend de l’argent pour faire valoir ses opinions. D’ailleurs, l’argent corrompt même s’il semble posséder tous les pouvoirs. Un pauvre peut devenir riche en culture. Un citoyen serait quelqu’un qui serait avant tout riche intellectuellement. La richesse monétaire ne fait pas d’une personne un citoyen. C’est plutôt des les richesses du cœur et de l’intelligence qui fait d’un humain un citoyen. La pensée est plus importante que la richesse, mais la richesse donne de la tribune au citoyen.

Un pauvre peut avoir de la difficulté à répondre à son besoin d’appartenance, celui dont parle Maslow. Sans argent c’est plus difficile de s’associer à un groupe. D’ailleurs, c’est pourquoi les riches ne fréquentent pas les pauvres. Les personnes démunies ne peuvent pas faire les mêmes activités sociales que celles des biens nanties. Heureusement, nous avons tous gratuitement accès à deux postes de télévision.

Pourquoi jugeons-nous les gens à ce qu’ils possèdent ? Soixante pourcent de la société fait partie de la classe moyenne. Et cette classe est très bourgeoise. Les bourgeois sont pour la plupart des consommateurs compulsifs, et ils vivent confortablement entourés de biens matériels. Cette classe moyenne reflète bien ce qui est valorisé dans notre société occidentale, industrialisée et médiatisée. Nous sommes tous prisonniers d’un mode de vie axé sur la consommation compulsive. Notre conscience et notre rapport à l’autre semble être prisonnier d’une vision matérialiste où nous désirons acquérir toujours plus de biens matériels. Ce désire de posséder toujours plus nous jette dans un cercle vicieux et infernal au travers lequel nous ne sommes finalement que des êtres éternellement insatisfaits, et ce tant au niveau des acquisitions matérielles que des acquisitions plus psychologiques. Nous cherchons continuellement à parfaire nos facultés intellectuelles comme notre capacité à compter, à lire et écrire, etc. Nous sommes des êtres perfectibles et recherchant constamment à se dépasser, nous avons en quelques sortes de la difficulté à nous satisfaire de ce qu’on a, comme de ce qu’on est. Nous aimons, ou nous nous satisfaisons difficilement ce que nous avons et de ce que nous sommes, parce que nous désirons toujours être et avoir plus que ce que nous sommes et que ce que nous avons. Ainsi, la sagesse, si une telle chose était possible, serait peut être notre capacité à s’aimer pour ce que nous sommes et non pour ce que nous pourrions devenir ? Pistes de solutions...

Y a-t-il des solutions pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres ? Nous pourrions empêcher ou interdire les paradis fiscaux des riches. Nous pourrions revaloriser l’authenticité, celle qui nous incite à être intègres et fidèles envers des valeurs humaines et profondes comme l’égalité ou la liberté.

Nous pourrions éliminer les préjugés sociaux ainsi que le mépris des riches envers les pauvres en valorisant davantage l’égalité entre les humains. Nous pourrions valoriser l’éducation, c’est-à-dire l’inculcation de valeurs humaines comme justement l’égalité. Cessons-donc de juger les gens par ce qu’ils possèdent ou ne possèdent pas !

D’ailleurs, pour se connaître soi-même, nous sommes non pas portés à posséder de plus en plus de choses, mais bien au contraire pour prendre conscience de soi, nous sommes plutôt portés à aller à la rencontre des autres. Ce n’est qu’au contact des autres que nous pouvons prendre contact avec ce que nous sommes réellement. De plus, découvrir ce qu’on est vraiment, c’est peut-être découvrir que nous sommes plus qu’une chose qui pense et agit. C’est peut-être découvrir que nous désirons connaître un bonheur durable et éternel qui soit bien au-delà de notre citoyenneté, c’est peut-être désirer donner un sens à nos vies ???